André Biyogo Poko se livre à cœur ouvert

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AKWE

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27 août 2026

André Biyogo Poko se livre à cœur ouvert
Milieu de terrain infatigable et figure de proue des Panthères du Gabon, André Biyogo Poko (33 ans) a traversé les époques. De ses débuts fulgurants dans le National Foot 1 jusqu'à son statut de cadre en sélection, en passant par ses années fastes aux Girondins de Bordeaux et son parcours de globe-trotter, il retrace son évolution. Sans langue de bois, il aborde également les maux du football gabonais et adresse un message puissant à la nouvelle génération.

Les premiers pas et l'éclosion locale

Bonjour André, bienvenu chez Pantheres Inside, comment allez-vous ?

Pantheres inside

Bonjour Panthères Inside, merci de m'accueillir, je vais bien merci, j'espère de même pour vous.

POKO

Alors, comment commence le football pour André Biyogo Poko ?

Pantheres inside

Le football a commencé dès mon plus jeune âge, dans ma ville natale. Je jouais dans les rues comme tous les jeunes. Peu après, j'ai été retenu dans un petit club de la ville, mais j'en ai été aussitôt écarté à la suite de quelques soucis avec mon encadreur. Ironie du sort, j'ai été repéré quelque temps plus tard, lors d'un tournoi de vacances, par une autorité de la ville qui a décidé de me renvoyer dans ce même club. Et c'est de là que tout est parti !

POKO

Vous intégrez ensuite très tôt le National Foot 1 et, très vite, tout s'enchaîne pour vous.

Pantheres inside

Oui, j'ai commencé très tôt. J'étais déterminé et particulièrement travailleur. À cette époque, je rêvais déjà plus grand, car rien ne m'a été donné facilement. Mais ma détermination a fait la différence.

POKO

Le défi bordelais et le choix de la Turquie

C'est alors que se présente l'opportunité de rejoindre l'Europe, et plus particulièrement les Girondins de Bordeaux en France. Comment s'est passée cette transition ?

Pantheres inside

Je ne vous cache pas que mon adaptation a été difficile. Il a fallu que je réapprenne le football, la tactique... tout. De plus, il faisait très froid ! Mais j'ai su m'imposer. La clé, c'est de ne jamais rien lâcher.

POKO

Après plusieurs saisons abouties — marquées par une centaine de matchs disputés et une victoire en Coupe de la Ligue —, vous quittez finalement la Gironde. Quelles ont été les raisons de ce départ marquant ?

Pantheres inside

Oui, une centaine de matchs... même si je n'ai jamais vraiment tenu les comptes ! À la base, j'étais parti pour renouveler mon contrat. Mais comme on dit, il y a des histoires dans le football qui vont au-delà du terrain, des rivalités qui ne s'éteindront jamais. Cela a été le grand tournant de ma carrière. C'est un épisode dont je préfère ne pas me souvenir ; je choisis de ne garder que les bons moments de mon passage en Gironde.

POKO

L'exigence d'une carrière de globe-trotter

La suite de votre carrière s'apparente à celle d'un globe-trotter, avec des passages en Turquie, en Arabie Saoudite, en Israël et en Croatie. Malgré ces changements d'environnement, vous êtes toujours parvenu à vous imposer comme une pièce maîtresse de vos équipes. Quel est le secret d'une telle longévité ?

Pantheres inside

J'ai effectivement beaucoup bougé, mais je suis toujours allé au bout de mes contrats. Ensuite, je suis parti en Israël, où j'ai dû faire le choix de rompre mon engagement pour des raisons de sécurité. Je suis resté sans club quelques mois avant de trouver un accord en Croatie, avec une clause me permettant de partir si j'avais une meilleure proposition, car j'avais cruellement besoin de temps de jeu. Quant à ma longévité ou mon efficacité, je pense simplement avoir fait mon devoir envers mes clubs. Si cela force le respect, je laisse le soin aux fans d'en juger bien sûr.

POKO

La sélection nationale : Fierté, constats et avenir

Abordons à présent votre parcours sous le maillot national. Vos débuts coïncident avec la CAN 2012, sans doute la campagne la plus mémorable de l'histoire du Gabon, où vous avez frôlé l'exploit. Nourrissez-vous des regrets par rapport à ce tournoi ?

PANTHERES INISDE

Des regrets ? Non. Au contraire, c'était ma première compétition majeure avec la sélection et je n'en étais qu'à mes débuts. Je n'en garde que d'excellents souvenirs. Après, c'est vrai, on méritait mieux, mais c'est aussi ça le football.

POKO

Plus d'une décennie s'est écoulée depuis. Vous avez pris part à cinq phases finales de la CAN au sein de "générations dorées", sans pour autant parvenir à décrocher un titre majeur. Êtes-vous optimiste quant aux chances du Gabon 🇬🇦 de remporter un jour ce trophée continental ?

PANTHERES INISDE

C'est vrai que c'est regrettable, car au fil des années, on aurait espéré bien mieux. Mais il y a eu de mauvaises choses, tant sur le plan sportif qu'au niveau administratif et logistique. Quand cela se passe ainsi, on ne peut décemment pas s'attendre à des résultats positifs. Dans notre pays, on ne connaît pas la compartimentation : les défauts de l'administration retombent directement sur les joueurs et les sportifs. Je vous laisse imaginer la suite. Est-ce que le Gabon remportera la CAN un jour ? Je ne le sais pas, mais je le souhaite ardemment pour les générations futures.

POKO

Quand on se penche sur la relève, il y a matière à s'interroger. Contrairement à votre époque, la nouvelle génération peine à s'exporter dans des clubs de premier plan. Pensez-vous, malgré ces inquiétudes, qu'une génération future puisse surpasser la vôtre ?

PANTHERES INSIDE

Il faut avoir des inquiétudes, c'est normal, mais ce n'est pas si mauvais, car c'est un cycle que nous devons traverser. Je ne pense pas que ma génération soit la "meilleure". Certains de mes coéquipiers vous diront sûrement le contraire, car nous avons été champions d'Afrique (U23) et nous avons obtenu une qualification aux J.O., mais en termes de qualité, il y en a beaucoup plus aujourd'hui.

POKO

La véritable différence est mentale. C'est une question de motivation et de ce que représentent les couleurs du pays aujourd'hui pour certains jeunes. Cela reste mon avis, et il est discutable, mais je trouve qu'ils ont plus de qualités intrinsèques, alors que nous avions plus d'envie et de motivation.

POKO

Mot de fin

Pour conclure cet entretien, quel message souhaiteriez-vous adresser à la jeunesse gabonaise qui rêve de porter le maillot des Panthères ?

PANtheres inside

Merci de m'avoir accordé votre attention. Mon message pour les jeunes serait celui-ci : l'équipe nationale n'est pas une vitrine, c'est un devoir. Représenter son pays doit être un immense honneur. Le jour où tu as la chance de le faire, tu te dois de le faire avec envie et conviction, car tu défends la nation, ta famille et des millions d'autres personnes. Sur le terrain, tu n'es plus le fils de tes parents, tu deviens le fils de tout le pays.

poko

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